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Antoine Van den Broek

Antoine Van den Broek co-fondateur de Mutinerie

Trois questions à Antoine Van den Broek

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Antoine Van den Broek a co-fondé il y a sept ans à Paris un espace de coworking baptisé Mutinerie.
Depuis s’y sont ajoutés un centre de formation, un espace de coliving à la campagne et un magazine. Mutinerie, dont le slogan est “Libres ensemble”, a développé une solide expertise sur le travail indépendant, en France et ailleurs. Antoine Van den Broek a répondu à nos questions sur les besoins particuliers des freelances, notamment quand il s’agit de rester motivé alors qu’on travaille seul.

Pourquoi avez-vous créé Mutinerie ?

A VDB

On a lancé l’espace de coworking il y a sept ans pour répondre à un besoin évident : les indépendants sont contents d’être libres, mais ils se retrouvent souvent tout seuls. On voulait leur donner un cadre, un lieu où se retrouver pour que chacun évolue librement mais en partageant avec d’autres un quotidien, des conseils, voire des missions ou de la formation. L’idée était de mutualiser un lieu de travail, des réseaux et des savoir-faire. Les indépendants doivent en permanence apprendre, notamment parce qu’il leur faut être polyvalents autour de leur expertise clé. C’est pour répondre à ce besoin que nous avons aussi lancé la Mutinerie School, pour transmettre les savoirs entre freelances. On propose des formations courtes, entre 1 et 3 jours, orientées autour d’un savoir-faire pratique : celle qui a le plus de succès propose une prise en main de la suite Adobe pour être autonome dans sa communication. On en a d’autres sur le marketing, sur les réseaux sociaux, l’interactivité et le transmédia, le développement Web sur Wordpress, la vidéo, etc.
Vous avez organisé en 2017 la première Freelance Fair : pourquoi et qu’y avez-vous appris ?

A VDB

Cela faisait déjà six ans qu’on s’était lancé et on avait envie de parler de tous les thèmes qui touchent à la question des freelances tous ensemble. La question a évolué : il y a sept ans, les indépendants, on savait que ça existait et à peine plus. Depuis deux ans, on sent un changement dans la perception, dans l’aspiration aussi que ça représente pour ceux qui ne le sont pas et qui pensent le devenir. Les journalistes, les consultants, les politiques en parlent de plus en plus. On voulait donc faire un événement à la mesure du phénomène, qui donne un écho plus important à notre réflexion et notre travail. Cette première édition a rassemblé plus de 500 personnes et pour la suivante, qui aura lieu dans toute la France en mars 2018, on attend un millier de participants. Les freelances attendaient cet événement : on savait qu’ils avaient besoin de se retrouver entre eux, mais en étant au quotidien dans notre espace de coworking avec des freelances déjà entourés, on oubliait tous ceux qui restent chez eux. Beaucoup ont trouvé génial de pouvoir parler de leur expérience avec des pairs. Les entreprises traditionnelles commencent à s’intéresser à cette question : pas mal de gens du monde de l’entreprise sont venus voir comment ça marche, qui sont les freelances, et ce qu’ils veulent.
Justement, de quoi les freelances ont-ils besoin pour rester motivés, à part le fait de se retrouver entre eux ?

A VDB

D’abord, l’impression de progresser dans les dimensions et l’intérêt des missions qu’on a, et mieux gagner sa vie. Si on a galéré pendant trois ans et que la quatrième année on arrive à avoir plus de confort, parce qu’on a développé une offre plus claire ou de meilleures capacités de négociation, on sort du mode de survie d’une mission à une autre, on peut enfin se projeter dans la vie d’indépendant. C’est aussi crucial de trouver son rythme, sinon on a l’impression d’être toujours dans le chaos et le provisoire. La routine a mauvaise presse, mais on en a besoin pour se projeter. Ça évite les questions parasites et permet de bien isoler le temps du travail du temps du loisir. Les rituels donnent un cadre, un peu comme pour les salariés. Et pour cela, être dans un espace de coworking, ça aide. On est plus motivé quand on rentre chez soi le soir en ayant l’impression d’avoir fait ce qu’on avait à faire.